Samedi 20/01/2001
Stade : Hamuta
Temps : nuages épars
Ballon : Arielle
Début des hostilités : 15H30
Fin des hostilités : 1H00, le lendemain matin

 

 

 

Ce simple samedi de janvier est un jour quelque peu différent des autres pour nos jeunes barboteurs, et pour leurs fiers aînés… D’abord, et cela suffit à le distinguer des autres, ce samedi sera fighté ; mais aussi et surtout, il sera l’occasion pour la Hamuta Bload Bowl Stars de tenir son Assemblée Générale et de procéder au renouvellement de son bureau ; enfin, cette journée fighteuse se terminera sur 41 bougies soufflées par deux des principaux joueurs du siècle précédents : 16 par Atomic « Growing » Jimminus et 25 par Fight ‘Ike.

En présence d’une journaliste (un article paraîtra dans La Dépêche du 28 janvier et un autre dans Les Nouvelles du 24 janvier), le Président règle en quelques mots toutes les encombrantes formalités, telles que le bilan financier, pour élire rapidement le nouveau bureau. L’éjection des mythiques bras cassés comme Fouras Yann, mais surtout Groggy Greg, provoque un roulement salutaire parmi les têtes pensantes de la nouvelle organisation mondiale :

Président : Fight ‘Ike Leyral

Vice-Président : The Troll Alexis Anania

Secrétaire : Wet Lips « Crapoton » Elodie Roullet

Trésorier : Ferrari Pat « Le Filou » Lopez-Diot

Secrétaire adjoint : Pochon Terai Arii

Trésorier adjoint : Vous Êtes « The Wall » Jeff Millithaler

Flash « Air » Luke Prunet, cofondateur du Bload Bowl, est bien entendu reconduit dans ses fonctions de Président d’Honneur. Quant au troisième Senseï, Killer Mat « Le Toucheux » Stobnicer, il n’assumera aucun mandat au sein de la HBBS, afin de pouvoir conserver une totale indépendance au sein d’une nouvelle association fighteuse, qu’il est pressenti pour présider à Montpellier.

Les Bleus du Jour : si l’on ne retiendra les noms de Pat Le Rouge, Blockeur sans envergure, de P’tit Boy Cédric, Basic inconsistant (mais fort laid), et de Silhouette Ludovic (record de la présence la plus éphémère dans un Stade), que pour mieux déplorer un nouveau millénaire décadent, d’autres premiers pas suscitent l’intérêt : le toujours pestant JB Le Fourbe subtilise un short au Senseï des lieux… mais il ne se mouillera pas avant la nuit, lors du dernier match.

Et la journée est marquée, dès l’échauffement, du sceau de l’Histoire, puisque le vaillant Casper, compagnon de tant de Fight, est sacrifié sur l’autel des plantes carnivores jonchant le Hamuta Stadium. Pas vraiment mort dans un glorieux combat, mais tout de même au champ d’honneur, Casper s’envole au Walhalla des Toons, accompagné des prières fighteuses. Il est remplacé sur-le-champ par une jeune Toon de peu d’expérience, la charmante et peu dodue Arielle.

Devant la grande affluence, les trois Stars présentes constituent chacun leur équipe en vue d’un tournoi. Comme il se doit, les hostilités commencent par une lutte fratricide.

 

Game 1

Fight ‘Ike          

Wet Lips « Crapoton » Elodie                  

Fireball « JT » Jean-Thomas                  

« Star-Dad » François                  

« Bogoss » Hei-Arii                  

« P’tit Boy » Cédric 
 
 
« Atomic » Jimminus

                 « Jingle Bells » Noël

          « Ferrari » Pat Le Filou

                « Ben Hur » Romain

               Pat « Le Rouge »

                 Vaitiare « L’Indécise »

 

Score                   10-8

Note                   14/20

Player of the Game : Fireball « JT » Jean-Thomas

Meilleurs Marqueurs : Noël (4), JT (3), Romain (2), ‘Ike (2), Hei-Arii (2), Cédric (2), François (1), Patrick (1), Vaitiare (1).

Meilleurs Passeurs : Jimminus (6), ‘Ike (3), Noël (2), Star-Dad (1).

Blessés : Néant.

Arbitre(s) : « Sweet Bambi » Lucie

 

 

Désespéré par le manque de Feeling de ses Bleus, et en premier lieu du Rouge, bien plus placide que sa couleur naturelle ne le laissait supposer, Jimminus laisse filer le score avec pessimisme (3-0). Cette fois, son duo aérien avec Jingle Bells se heurte aux Treemen Star-Dad et Bogoss.

Ben Hur ou Le Filou misent également sur leur jeu de jambes… mais, derrière, les murailles, il y a encore Fireball, mur mouvant d’une exceptionnelle dextérité, puis ‘Ike, placide dernier rempart.

Peu d’espaces, donc, pour les coups de boutoirs lilliputiens de L’Indécise et de ses mâles en rut. Malgré une résistance courageuse, le score s’alourdit lentement (7-3).

Dominée, épuisée, l’équipe de Jimminus a le sens de l’honneur ; en dépit d’une infériorité patente, elle se bat jusqu’au dernier soupir… non sans résultats, puisque l’option « on met les Blockeurs dans le vent » fonctionne enfin, avec trois Touchdowns consécutifs. Ben Hur revient à un point (9-8) !

Ce n’est malheureusement pas suffisant, et Bogoss plaque rageusement la balle de match. Par défaut, l’équipe étant avant tout collective, Fireball est élu MVP pour encourager son tardif come-back.

***

L’intensité du match précédent et – peut-être – la débauche de victuailles et de Pina Colada offerte aux alentours du Stade réduit les élans fighteux, et les équipes participant au tournoi implosent. L’ossature en est cependant conservée pour le match suivant, bien que Spliting Nose et The Troll se plaignassent, avec raison, de la faiblesse de leurs jokers.

 

Game 2

Fight ‘Ike          

Wet Lips « Crapoton » Elodie                  

« Ykon-Stass » Vincent                  

Fireball « JT » Jean-Thomas                  

« Bogoss » Hei-Arii                  

Benoît « Le Homard »

 
« Spliting Nose » Vaitahi

                 
« The Troll » Alexis

               « Maverick » Dominick

                   « Sweet Bambi » Lucie

                   Caroline « L’Impertinente »

                   « Silhouette » Ludovic / « L’Indécise »

 

Score                   10-4

Note                   10/20

Player of the Game : « Ykon-Stass » Vincent

Meilleurs Marqueurs : Vincent (3), JT (3), Hei-Arii (3), Vaitahi (2), Vaitiare (2), Elodie (1).

Meilleurs Passeurs : ‘Ike (5), JT (1), Vaitahi (1).

Blessés : Néant.

Arbitre(s) : « Ferrari » Pat Le Filou

 


Dommage ! L’alliance des deux meilleurs Maohi de tous les temps ne fonctionne pas, malgré la complémentarité de leur jeu ; Spliting Nose et The Troll pâtissent aussi de l’absence de Coach dans leur équipe, et du poids inférieur de leur Bleusaille, après le remplacement éclair de Silhouette par L’Indécise.

‘Ike peut donc se contenter d’aligner les Assists depuis sa ligne de fond, tandis que Fireball et Bogoss se démènent à l’avant, l’un pour confirmer son Statut, l’autre pour s’en dépêtrer. Le cœur des Sweet Bambi et autres Impertinente ne suffit pas, la masse fait la différence.

Jamais inquiétés par le score (4-2, 7-3, 10-4), les habitués Wet Lips et Ykon-Stass trouvent difficilement les motivations pour aller au charbon. Mais ce dernier, en bon Blockeur, constate en fin de match qu’il y a bien peu de candidats pour le titre de MVP, et l’obtient en marquant les trois derniers Touchdowns de son équipe, dont son fameux U-Boat Rush.

Dieu soit loué, ses adversaires peuvent se consoler en avalant quelques cacahuètes.

***

Le grand retour de l’épisodique AveMaria précipite la constitution d’une Dream Team complétée par le prometteur Fireball. « Dream Team », le terme est peut-être abusif, les meilleurs mondiaux se consacrant à leur carrière internationale ; mais le rassemblement d’un Senseï, de deux Espoirs, de l’un des meilleurs Vétérans, et du meilleur Bleu de la Saison précédente, le tout contre une armée aux dents longues, peut difficilement porter un autre nom.  En face, la coriace Wet Lips coache une équipe hétéroclite de neuf Struggleux, dont l’impétrant JB Le Fourbe.

 

 

Game 3

Fight ‘Ike          

« The Troll » Alexis                  

« Ykon-Stass » Vincent                  

« AveMaria » Christ                  

Fireball « JT » Jean-Thomas

 
Wet Lips « Crapoton » Elodie

     
                  Sylvain « Le Viking »

                 « Ferrari » Pat Le Filou

                « Bogoss » Hei-Arii

           « Maverick » Dominick

                   Caroline « L’Impertinente »

                   JB « Le Fourbe »

                   Matthieu « Le Pizzaïolo »

                   Vaitiare « L’Indécise »


                                                        

 

Score                   11-13

Note                   17/20

Player of the Game : « Bogoss » Hei-Arii

Meilleurs Marqueurs : ‘Ike (6), JB (6), Caro (2), Hei-Arii (2), JT (2), Christ (2), Alexis (1), Maverick (1), Matthieu (1), Sylvain (1).

Meilleurs Passeurs : Hei-Arii (7), Sylvain (1), Pat (1), ‘Ike (1), Vincent (1), Christ (1).

Blessés : Alexis (Déchirure Quadriceps, Tout Seul), JB (Lombaires Dévertébrés, par ‘Ike), Elodie (Œil Crevé, par JT), JB (Œil Crevé, par Christ).

Arbitre(s) : « Star-Sister » Mélissa puis « Sweet Bambi » Lucie

 

Oh ! Vous les Anciens qui nous regardez de votre Olympe ténébreux ! Admirez ce combat digne de votre Temps, dantesque mais courtois, impitoyable et généreux…

Le club des cinq part confiant, mais déchante vite : avec jamais moins de deux insectes agglutinés sur le dos, la marge de manœuvre est limitée. Et lorsque ces insectes sont de gros bourdons comme Bogoss, Le Viking ou L’Impertinente, ou encore des sangsues gigoteuses comme Maverick, Wet Lips ou Le Filou, la progression vers l’en-but adverse est limitée…

En face, on joue sans complexe, et il faut bien les Triple-Blocks du Troll pour limiter la casse (3-4). Oui mais voilà, alors que résonnent les douze coups de minuit dans le vieux Stade, l’une des cuisses du plus massif des Espoirs claque entre deux Twisters. Il sort sur une civière, suivi de L’Indécise et du Pizzaïolo, hors d’état de Fight.

Le match se poursuit donc à 4 contre 7. La faille défensive est aussitôt exploitée par Wet Lips, Coach exemplaire qui profite de l’agilité du Filou : celui-ci démarque L’Impertinente pour porter l’écart à deux points (3-5).

Il est temps pour ‘Ike de rassembler son jeune chien fou Fireball et ses deux vieux briscards. Quelques secondes de réflexion changent la physionomie du jeu. Le Senseï, jusqu’ici cantonné au rôle de dernier défenseur, passe à l’offensive et joue le une-deux très haut avec AveMaria. Avec sept défenseurs, la passe n’est plus de mise et il faut rusher : Le Fourbe découvre ainsi les plaisirs du sandwich entre Monsieur l’Escalier et une Star en Rush (5-5).

Plus fourbe que jamais, il ne s’en laisse cependant pas conter et creuse de nouveau l’écart, en profitant deux fois d’une surprenante adresse de Bogoss à la passe (5-7). ‘Ike calme un score volage avec un petit Rush, et Christ se permet une interception digne de ses glorieuses mais lointaines années, pour laisser Fireball égaliser (7-7).

C’est alors au Viking de faire le show avec les deux hommes-clefs de son équipe : il offre un Assist au meilleur marqueur JB, et plaque une balle du meilleur passeur Bogoss, pour parvenir à un point du match (7-9).

Mais le mental de légionnaire d’Ykon-Stass et l’expérience de ‘Ike et Christ les rend insensibles à la pression du tableau de marque. Tandis que Fireball commence à paniquer, AveMaria et Ykon-Stass gèrent consciencieusement l’écran pour permettre le Rush de leur capitaine, qui égalise sur le fil (9-9).

La paire magique adverse fait encore parler l’Assist bien senti, dans une défense qui fatigue (9-10).

‘Ike, monopolisant la marque dans son équipe, passe deux Rushes consécutifs et vire enfin en tête, après avoir couru après le score depuis la dixième minute de la partie (11-10). Mais il a jeté ses dernières forces dans la bataille, tout comme Fireball qui n’est depuis longtemps plus que l’ombre d’une serpillière et AveMaria que la crampe guette. Esseulé dans sa rage de vaincre, Ykon-Stass ne peut qu’assister à la passe égalisatrice de Bogoss pour Le Fourbe (Bogoss - Le Fourbe : c’était la trajectoire à couper ce jour-là…). C’est encore Bogoss qui va marquer le douzième point, et c’est toujours Bogoss qui offre le match à une Impertinente pleine de mérite.

On ne termine pas un tel match sans quelques statistiques : le tout frais JB Le Fourbe a plaqué 6 ballons, un bon chiffre qu’il partage avec le vieux Senseï ‘Ike.

Autre record, dans les tribunes cette fois : plus de quatre-vingt spectateurs assistaient aux hostilités, bien aidés il est vrai par la profusion de victuailles et de substances illicites…

Mais surtout, Bogoss égale le record du nombre d’Assists dans un match à plus de deux joueurs par équipe, avec 7 réalisations ; si l’on ajoute à cela ses deux Touchdowns, on conçoit aisément son titre de MVP et son extraction du statut de Pons, malgré quelques contre-exploits qui sont décidément le sceau de ce joueur étrange.

Si l’on ajoute enfin un petit incident, ‘Ike devant lui-même sortir de l’eau pour éjecter du Stade, avec le tact qu’on lui connaît, un spectateur éméché dans les tribunes, on comprendra que ce match mérite une place de choix dans les mémoires, et que la troisième mi-temps débridée des protagonistes méritait également son caractère orgiaque.